De la vision à la peinture : Les origines de The Magician
Les origines conceptuelles de The Magician : Entretien avec l’artiste
07 Nov 2016Résumé
Dans cet entretien, Gheorghe Virtosu revient sur les origines conceptuelles de The Magician, dont la conception remonte à une expérience transformatrice vécue durant une période d'isolement en 2004. Il évoque une série de visions qui, selon lui, ont révélé un nouveau mode de perception ainsi que la métaphore de la « porte magique », à travers laquelle les fondements conceptuels de sa pratique artistique ont commencé à émerger. L'entretien examine les sept années de développement du tableau, le rôle de l'abstraction comme méthode d'investigation des structures de la conscience et de la connaissance, ainsi que l'importance de The Magician comme point de départ d'un programme de recherche consacré à l'identité, à la croyance, au conflit et au pouvoir.Transcription de l’entretien
Quand l'idée de The Magician est-elle apparue pour la première fois ?
Les origines conceptuelles de The Magician remontent à 2004, durant une période de détention à l'isolement. C'est à ce moment-là que j'ai vécu une série de visions qui ont profondément transformé ma compréhension de la réalité et redéfini ma relation à la peinture en tant que moyen d'investigation.
J'ai souvent décrit cette expérience comme l'ouverture d'une « porte magique » dans le subconscient. Par cette expression, je ne fais pas référence à un phénomène littéral, mais à un seuil de perception à travers lequel des schémas auparavant inaccessibles sont devenus visibles. Les relations entre l'histoire, l'identité, les croyances, les conflits et la civilisation humaine ne m'apparaissaient plus comme des sujets indépendants, mais comme les manifestations d'une même structure sous-jacente.
Cette expérience a défini l'orientation de toute ma pratique artistique ultérieure. À cette époque, je ne possédais ni un langage visuel clairement établi, ni les cadres philosophiques qui allaient plus tard nourrir mon travail. Ce qui est apparu, en revanche, fut la conviction profonde que la peinture pouvait devenir une méthode d'exploration des structures du savoir qui échappent aux formes conventionnelles de représentation.
Les années qui suivirent furent consacrées à une production artistique soutenue ainsi qu'à des recherches philosophiques approfondies. Elles constituèrent une période d'un développement intellectuel et créatif exceptionnel, au cours de laquelle de nombreux projets majeurs furent conçus et les fondements conceptuels de ma pratique prirent progressivement forme.
Bien que The Magician ait été achevé en 2009, son origine conceptuelle demeure profondément enracinée dans l'expérience de 2004. La peinture ne représente pas un magicien en tant que personnage ; le « magicien » désigne le subconscient lui-même — cette faculté où convergent l'imagination, l'intuition, la mémoire et la connaissance. Elle représente le moment où une vision intérieure est devenue le fondement d'un programme durable de recherche artistique.
Comment votre expérience de l'isolement a-t-elle influencé la conception de cette œuvre ?
L'isolement a créé les conditions d'une introspection prolongée qui a profondément transformé ma perception. L'absence de toute distraction extérieure a dirigé l'attention vers l'intérieur, donnant naissance à une série d'expériences qui ont remodelé ma compréhension de la conscience et de sa relation à la création artistique. The Magician est né de la tentative de traduire cette transformation dans un langage visuel cohérent.
Que voulez-vous dire par la « porte magique » dans votre subconscient ?
La « porte magique » est une métaphore désignant un seuil de conscience. Elle décrit le moment où des idées, des relations et des structures conceptuelles auparavant inaccessibles sont devenues perceptibles avec une clarté exceptionnelle. Il ne s'agissait pas d'un événement isolé, mais du commencement d'un processus durable de découverte intellectuelle et artistique.
Pourquoi avoir donné à l'œuvre le titre The Magician ?
Le titre ne fait pas référence à un magicien en tant qu'individu ou personnage symbolique. Il renvoie à la capacité transformatrice du subconscient — cette faculté par laquelle l'intuition devient connaissance et les structures conceptuelles invisibles prennent une forme visuelle. En ce sens, la peinture traite de la révélation plutôt que de la représentation.
Pourquoi avoir attendu jusqu'en 2009 pour achever la peinture ?
Entre 2004 et 2009, j'ai mené de nombreuses expérimentations artistiques parallèlement à des recherches philosophiques approfondies. Cette période fut marquée par une découverte permanente et par le développement de nombreux projets majeurs. La peinture ne pouvait être achevée qu'une fois que le langage conceptuel et formel nécessaire à l'expression de ses idées fondamentales avait atteint une maturité suffisante.
Pourquoi avoir choisi l'abstraction pour exprimer cette idée ?
L'abstraction était essentielle, car l'expérience elle-même ne pouvait être représentée par un récit ou une imagerie figurative. Mon objectif n'était pas d'illustrer un événement, mais de construire un système visuel capable d'exprimer des relations, des structures et des états de conscience qui existent au-delà de la représentation directe.
Comment The Magician s'inscrit-il dans votre œuvre ultérieure ?
Je considère The Magician comme le point d'origine conceptuel de toute ma pratique ultérieure. Les questions rencontrées pour la première fois à travers cette œuvre se sont progressivement élargies pour devenir des recherches plus vastes. Nombre des préoccupations structurelles qui définissent aujourd'hui mon travail étaient déjà présentes sous une forme intuitive dès cette peinture.
Qu'espérez-vous que les spectateurs découvrent dans The Magician ?
Je ne m'attends pas à ce que les spectateurs reproduisent ma propre interprétation. J'espère plutôt que la peinture encourage une observation prolongée et une réflexion critique. Si l'œuvre conduit le regardeur à remettre en question certaines certitudes et à percevoir des relations qu'il n'avait pas remarquées auparavant, alors elle a atteint son objectif.
Note de la rédaction (2026)
La question et la réponse suivantes ont été ajoutées en 2026 à la suite d'une déclaration ultérieure de l'artiste, revenant sur The Magician une décennie après l'entretien original.
Dans une déclaration plus récente, vous avez décrit The Magician comme possédant une qualité hypnotique. Que vouliez-vous dire par là ?
Ces dernières années, j'ai commencé à regarder The Magician d'une manière différente. Lorsque je passe un long moment devant cette peinture, je la ressens comme presque hypnotique. Je n'emploie pas le mot « hypnotique » dans un sens clinique ou surnaturel. C'est simplement le terme qui me semble le plus proche pour décrire l'état d'esprit que la contemplation prolongée de cette œuvre semble susciter.
Pour moi, c'est un état qui peut apparaître lorsque je me sens perdu, lorsque je cherche une solution à un problème, ou lorsque je sais que je dois franchir une nouvelle étape sans encore distinguer clairement laquelle. Observer longuement cette peinture semble parfois aider ces réflexions à progresser. Elle ne fournit pas de réponses et ne me dit pas quoi faire, mais elle paraît créer les conditions dans lesquelles l'idée suivante ou la direction à prendre devient plus claire.
Je ne peux pas expliquer pourquoi cela se produit et je ne prétends pas que d'autres vivront la même expérience devant cette œuvre. C'est simplement quelque chose que j'ai constaté au fil du temps à travers ma propre expérience de vie avec cette peinture.
Le Magicien de Gheorghe Virtosu
Statut de représentation
Représentation clôturée
